Présentation de l'IFDQSLa Qualitique en SantéQUALIDEM®
La qualitique
en Santé
N°1 - Qu'est-ce que la Qualité ?
N°2 - La démarche-qualité : notions-clés
N°3 - L'évaluation : objectifs et techniques
N°4 - Spécificité de la Qualité appliquée à la santé
N°5 - Evaluer la qualité en santé
N°6 - La démarche-qualité en santé libérale
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Aperçu sur la démarche qualité en santé
Dr P. RIMBAUD
L'assurance de la qualité
La démarche qualité en santé ambulatoire
La non-qualité en santé ambulatoire
Les indicateurs de pratiques en médecine ambulatoire
Table ronde Club CPA Santé
La Démarche Qualité : les médecins aussi !
Les bénéfices de la qualité et le coût de la non qualité en Santé
La Démarche Qualité : une épineuse nécessité !
La Démarche Qualité : passons à l'acte !
Qualité du système de soins : la valeur ajoutée des entreprises du médicament
De l'évaluation à la qualité en médecine
Les outils de la qualité dans le secteur ambulatoire
Exposés - Table ronde Club CPA Santé>>Qualité du système de soins : la valeur ajoutée des entreprises du médicament


Christian LAJOUX
président-directeur général de Sanofi-Aventis France

Les autorités de santé, comme les patients, exigent du corps médical toujours plus de qualité. Dans ce contexte, quel rôle joue l'Industrie pharmaceutique ? Pour Christian Lajoux, Président de Sanofi-aventis France, celui d'un allié naturel légitime, mature et proactif. Une position à mille lieux des idées reçues.

Pour nombre de secteurs industriels, la qualité constitue une préoccupation majeure, mais plus ou moins récente. Qu'en est-il dans l'industrie pharmaceutique ?

Traditionnellement, la qualité pharmaceutique constitue un élément extrêmement important de la vie de nos entreprises, comme de nos relations avec nos clients et nos partenaires. Elle est au cœur de notre métier depuis toujours. Nous l'appliquons bien évidemment à nos produits, de leur développement jusqu'à leur stockage, mais pas seulement. Nous sommes passés depuis bien longtemps, d'une qualité purement technique, cantonnée à notre activité pharmaceutique et imposée par la réglementation, à une qualité totale, déclinée à toutes nos dimensions : process, organisation, management des hommes, philosophie, image de l'entreprise, conduite de nos actions en interne comme à l'extérieur. Elle concerne aujourd'hui l'ensemble de nos métiers, pour lesquels nous avons élaboré au fil des ans des standards communs de bonnes pratiques, nationaux et internationaux. C'est une préoccupation managériale, par essence innovante, et différenciante pour les entreprises. Ce passage d'une qualité contrainte, à une qualité totale constitue une valeur ajoutée pour nos clients finaux. Elle n'a pas été pas réactive, mais offensive.

Vous a-t-elle permis d'anticiper les exigences des autorités de santé ?

Oui. Les entreprises du médicament ont su se montrer proactives. Ainsi, dans le domaine de la visite médicale, les entreprises du médicament ont pris des initiatives qui vont dans le sens de la qualité avant même que les autorités de santé ne l'exigent. La Charte de la visite médicale, conclue entre le LEEM* et le Comité économique des produits de santé (CEPS) en décembre 2004, et qui encadrent nos activités de promotion sur un plan à la fois qualitatif et quantitatif, s'inscrit dans la droite ligne du Référentiel de bonnes pratiques de la visite médicale élaboré auparavant par les entreprises du médicament. De même, nous avons mis en place une véritable formation diplômante pour les visiteurs médicaux dès la fin des années 90. Ces actions vont dans le sens de la participation de l'industrie du médicament à la démarche qualité entreprise par le corps médical.

Est-ce à dire que l'industrie du médicament soutient sans réserve la volonté actuelle du gouvernement d'améliorer la qualité des soins ?

Nous rejoignons totalement cette démarche qualité voulue par le gouvernement. Notre propre démarche qualité s'inscrit autour d'objectifs partagés avec les autorités sanitaires comme avec nos partenaires, les professionnels de santé : progrès thérapeutiques, bon usage du médicament, prise en charge conforme aux bonnes pratiques… Le savoir-faire qualitatif que nous avons acquis depuis des décennies est au service de la Santé Publique et de ses payeurs, l'Assurance Maladie. Les entreprises du médicament sont l'un des acteurs du système de soins. Elles entendent contribuer à l'amélioration de la santé de la population et s'inscrire en faux avec les mauvaises pratiques. Nous accompagnons cette évolution depuis longtemps, et nous continuerons à le faire dans un environnement en forte mutation.

Dans une démarche de responsabilité partagée ?

Une vraie démarche qualité est une démarche responsabilisante de chacun des partenaires : professionnels de santé, patients, industrie du médicament, autorités de santé. Elle inscrit nos relations dans la maturité, la transparence et la constance, avec pour objectifs communs l'amélioration de la prise en charge des patients, et l'optimisation des coûts. Attention toutefois à ne pas dévoyer la qualité thérapeutique, sous la pression des difficultés de prise en charge du médicament ! La qualité ne doit pas se limiter aux contraintes des payeurs, de même qu'il ne faut pas la restreindre à la seule réduction du risque. La judiciarisation de la santé est un élément aujourd'hui très prégnant. Plusieurs événements récents, comme l'affaire du Vioxx, celle du vaccin contre l'hépatite B, ou les campagnes sur les antibiotiques, ont contribué à renforcer non seulement les obligations réglementaires, mais aussi les attentes du public et des autorités de santé vis-à-vis des entreprises du médicament. Elles ont également eu tendance à créer un tropisme vers le risque management. Or le risque management n'est qu'un des aspects de la qualité, dont le champ est beaucoup plus large. De même, le bon usage du médicament ne consiste pas seulement à supprimer les prescriptions inutiles. Il signifie aussi traiter les malades qui ne le sont pas, pour une réelle amélioration de la qualité des soins. Sur ce terrain, l'industrie du médicament a toute légitimité pour agir en partenariat avec les médecins.

Cette stratégie d'alliance avec le corps médical, autour de la qualité, passe-t-elle par la visite médicale ?

Nous l'avons toujours considéré comme une interface majeure de notre relation avec les médecins. Dans un environnement dynamique, où les contraintes qualitatives se multiplient à l'égard des professionnels de santé, la visite médicale peut tout à fait les aider et contribuer à l'amélioration de leur pratique. Le médecin est soumis à des pressions accrues. Celle des instances administratives et économiques, qui exigent de lui une prise en charge conforme aux référentiels de bonnes pratiques, et entendent dorénavant évaluer sa pratique professionnelle. Celle de ses patients… de moins en moins patients, et de plus en plus négociateurs de leur propre santé. Le médecin est aujourd'hui dans la nécessité d'expliquer son diagnostic et de justifier sa prise en charge thérapeutique.

Par quels moyens les visiteurs médicaux peuvent-il participer à la démarche qualité des médecins ?

Certains voudraient réduire la visite médicale à un acte purement commercial. Le rôle du visiteur médical n'est pourtant pas de marteler des messages marketing. Il s'adresse à un médecin qui possède une solide formation scientifique autant qu'une expérience des patients, du médicament et de l'industrie pharmaceutique. Contrairement à une idée reçue, il est aussi exigeant que critique vis-à-vis des messages de l'industrie du médicament. L'une des raisons pour lesquelles il reçoit aussi bien les visiteurs médicaux, du moins ceux qui respectent une certaine éthique, est qu'il souffre d'isolement. La visite médicale est un lien qui repositionne le médecin dans un réseau de soins. Le visiteur médical, s'il est un ambassadeur du laboratoire, est également souvent l'un des vecteurs relationnels entre différents médecins, ainsi qu'entre le médecin et d'autres organismes de soins. À ce rôle social, s'ajoute une mission de formation et d'information des professionnels de santé, dans laquelle l'industrie pharmaceutique affirme aujourd'hui sa volonté de s'inscrire encore plus fortement sans en revendiquer l'exclusivité. Cette même finalité préside à la dimension de services proposer par la visite médicale.

Quel type de services ?

Tous ceux qui contribuent à l'éducation du patient, au suivi et à l'observance du traitement. Tous ceux qui contribuent également à éclairer le médecin face à un foisonnement de nouvelles règles de bonnes pratiques. Le médecin a besoin de les connaître très vite, les recommandations notamment de la Haute Autorité de Santé. Afin de vraiment aider le médecin à faire le bon choix, le visiteur médical doit non seulement maîtriser son produit, mais l'environnement dans lequel il sera présent, en termes économiques et sociaux.

Autrement dit, la visite médicale devient un vecteur de qualité ?

Cela devrait l'être. Notre relation avec le corps médical n'est plus un rapport de force, guidé par la seule volonté de lui faire prescrire tel ou tel produit, mais un compagnonnage autour d'objectifs partagés. Cette position ouvre un champ immense de possibilités. La visite médicale s'est parfois égarée dans la proposition au médecin d'un certain nombre de services disons " monétarisés " dont on peut aujourd'hui, pour certains, se poser la question de leur pertinence. Nous devons recentrer fortement la relation médecin - visiteur médical sur un dialogue, en toute transparence, autour du produit et de l'information scientifique, dans une démarche beaucoup plus pharmaco-économique qu'elle ne l'a été. Aborder l'aspect économique de la prise en charge thérapeutique constitue à mes yeux un enjeu majeur pour la visite médicale de demain. Cela relève d'une véritable démarche qualité. Nous devons inscrire le médicament dans sa dimension économique et, plus largement, dans une triple alliance, au service de la santé, de l'industrie et de la cité, illustrant ainsi notre rôle de santé publique, d'acteur économique et social.



* Les entreprises du médicament