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LA DÉMARCHE QUALITÉ EN SANTÉ AMBULATOIRE a été définie en 1992 par le Groupe de Travail sur l'Assurance Qualité de l'Association Mondiale des Médecins de Famille comme un " plan d'action qui inclut une évaluation des performances, dont l'objectif est d'assurer que tous les soins aux patients sont maintenus ou amenés à des standards bien définis "
Il y a là du nouveau et, ne nous le cachons pas, bien des sources de difficultés pour les praticiens dont la vie professionnelle est déjà bien compliquée.
- Première nouveauté, l'évaluation des pratiques professionnelles qui nécessite de mettre en oeuvre tout un plan d'action. Il ne s'agit pas de régresser dans la position d'un apprenti qui quémanderait la reconnaissance de ses compétences, mais de piloter soi-même un projet d'amélioration des performances, avec tout ce que cela demande de méthode, d'organisation et de détermination personnelle.
- Deuxième nouveauté, il ne s'agit pas de se rassurer en évaluant globalement ses capacités, mais de mesurer ses soins effectifs aux patients, avec toutes les surprises que cela réserve. Soulignons que mesurer, ce n'est pas juger ; c'est enregistrer des données factuelles (il s'agit là d'une notion importante). On n'est plus là dans le déclaratif, mais au contraire confronté à la dureté des faits, contraint de se voir tel qu'on est et non tel qu'on voudrait être. Avant d'exiger ça des médecins, posons-nous la question : combien d'entre nous sont prêts à le faire vraiment ?
- Troisième nouveauté, peut-être devrait-on dire troisième difficulté, ces soins effectifs il faut les comparer à des standards définis. Qu'est-ce qu'un standard ? Sans entrer dans les détails de la qualitique, car cela a fait l'objet d'innombrables travaux et de volumineux ouvrages, il faut retenir que le zéro-défaut n'existe pas, et que la norme consiste seulement à s'inscrire dans une certaine fourchette de valeurs, qui tient compte des impondérables. Quelle que soit la manière dont a été fixé ce standard, il doit être raisonnable et parfaitement consensuel. Pour dire qu'un médicament est supérieur à un autre, on demande que leurs effets diffèrent de manière significative, c'est à dire au delà d'un intervalle d'incertitude. De la même manière, un praticien sait qu'il n'est pas dans la norme seulement si un nombre significatif de ses dossiers révèle des écarts.
Savoir ce qu'on a fait est à la base de la démarche qualité. Porter un tel regard sur le passé n'est pas dans l'esprit des professions de santé, et encore moins intégré dans leur exercice. C'est à cela que souhaite remédier le dispositif d'EPP.
Mais la vocation de cette auto-analyse n'a pas de conduire à s'auto-congratuler, ni à s'auto-flageller. Le but est de réduire la non-qualité. C'est à dire que l'EPP n'est qu'une étape initiale dans un plan d'action global, individuel et volontaire, qu'on appelle la Démarche Qualité.
P.Rimbaud
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